Pourquoi marcher le 11 avril ? Raison #2 – Le développement des sables bitumineux et les projets d’oléoducs représentent une menace tangible

D’ici 2030, l’industrie pétrolière canadienne prévoit que sa production atteindra 6,44 millions de barils par jour, soit une augmentation de 85 % par rapport à ses niveaux de 2013. La plus grande partie de cette augmentation proviendra de l’exploitation des sables bitumineux de l’Ouest canadien.

 Afin de tirer des revenus de la production future, les compagnies pétrolières ont besoin de voies d’écoulement supplémentaires vers les marchés internationaux. C’est dans ce contexte que sont nés les controversés projets d’oléoducs comme Keystone XL, Northern Gateway et Énergie Est.

À lui seul, le projet Énergie Est de TransCanda doit acheminer 1,1 million de barils de pétrole par jour sur 4 600 kilomètres, dont 700 kilomètres en territoire québécois, longeant et traversant le fleuve Saint-Laurent, passant à proximité de villes comme Montréal et Québec, de territoires autochtones, de terres agricoles et de nombreuses zones de biodiversité.

Or, un rapport de la Fondation David Suzuki nous apprenait récemment que les projets de mégas oléoducs comme Énergie-Est ne sont pas aussi sécuritaires que ne l’affirme l’industrie.

Ainsi, entre 2004 et 2013, au Canada, on aurait recensé  pas moins de 19 déversements majeurs d’au moins un million de litres de pétrole et près de 950 déversements de plus petite envergure provenant d’oléoducs divers.

Les systèmes de détection des fuites ne sont également pas infaillibles. Ainsi, lors de la rupture de la ligne 6B d’Enbridge ayant provoqué le déversement de plus de 3 millions de litres de pétrole bitumineux dans la rivière Kalamazoo en 2010, les procédures les plus élémentaires d’urgence n’ont pas été suivies. 

Selon le National Transportation Safety Board (NTSB), ce déversement aurait été en grande partie attribuable à la négligence d’Enbridge et à l’inertie de son centre de contrôle situé à Edmonton. L’alarme qui permettait de détecter les baisses de pression de l’oléoduc vieux de 40 ans aurait été ignorée et celui-ci aurait été remis sous pression non pas une, mais deux fois.

Au Québec, le projet Énergie Est et les autres projets de transport pétrolier en marge du Saint-Laurent doivent traverser une dizaines de zones de biodiversité abritant plusieurs espèces floristiques et fauniques en danger. Le projet Énergie Est doit aussi passer à proximité des prises d’eau potable de Montréal, de Trois-Rivières et d’une partie de Québec, où s’abreuvent plusieurs millions de personnes.

Avec ces projets, la question n’est pas de savoir SI un déversement aura lieu, mais plutôt QUAND et OÙ il aura lieu. Le peu de retombées économiques que fait miroiter le projet Énergie Est pour le Québec vaut-il vraiment que l’on prenne ce risque ?

Par ailleurs, le développement de mégas projets d’oléoduc concoure à une exploitation accrue des sables bitumineux canadiens. Des estimations récentes suggèrent que le projet Énergie Est pourrait à lui seul induire une augmentation de 40 % de la production de pétrole au Canada dans les prochaines années.

Pourtant, pour éviter la catastrophe climatique, le Canada doit absolument laisser plus de 85 % de ses ressources pétrolières connues dans le sol.

Le constat est clair:  on ne peut à la fois prétendre être un leader en matière de protection de l’environnement et de climat et être en faveur des sables bitumineux et de la construction de mégas oléoducs. Il est désormais urgent de rappeler à nos décideurs, en particulier au gouvernement du Québec, que le développement de cette industrie et de tels projets risque d’avoir des conséquences irréversibles.

Le 11 avril à Québec, nous avons plusieurs raisons d’unir nos voix et de rappeler à M. Couillard et ses collègues canadiens que l’inaction en matière climatique n’est plus une option. Pour les décideurs, comme pour nous, citoyens.

Confirmez votre présence et faites passer le mot !

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